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    Compte-rendu du voyage de Jean-Yves et Roselyne Leroux au Burkina du 9 au 21 Décembre 2010

    But du voyage

    L’objectif de ce voyage est de faire le point sur les actions en cours, de participer à la fête de sortie des élèves, de leur remettre le matériel agricole au nom de l’Association  et de se rendre compte des évolutions de la situation locale depuis notre dernière visite en 2007.

    Actions en cours

    La première question que nous avions à l’esprit était : quelle est la situation des élèves ayant quitté le centre en 2007 ? Nous avons pu rencontrer à la fois des formateurs qui les avaient suivis et des élèves des villages les plus proches du centre.

    Des 20 couples qui ont quitté le centre en 2007, 18 sont étroitement suivis. 16 ont pu maintenir leur matériel  et leurs animaux en bonne condition,1 couple a perdu un zébu étouffé par l’ingestion de plastique (la pollution par les résidus de sacs plastiques ou d’emballages divers est un vrai problème dans ces villages où bien entendu rien n’est prévu pour les faire disparaître) ,1 couple a perdu deux zébus par maladie, la solidarité des membres de la famille a toutefois permis de les remplacer.

    Plusieurs couples ont maintenant acquis un leadership dans leurs villages. Progressivement les villageois qui vivaient essentiellement des ressources naturellement disponibles se rendent compte que la culture leur permet d’améliorer leurs conditions de vie (passage de l’état de « cueilleurs » à celui d’ « agriculteurs »). Les couples ayant reçu formation et aides sont maintenant « autosuffisants ». Il y a un proverbe local qui dit qu’on ne peut donner des conseils (ou être écouté) que si on a la bouche pleine, ce qui veut dire que si on n’est pas capable de se nourrir soi- même on ne peut pas être entendu par les autres. Ces couples sont donc écoutés, ils créent une saine émulation et sont souvent mis à contribution pour prêter (voire louer) leur matériel aux autres villageois. Nous croyons que le but que nous recherchions est en partie atteint ; grâce à l’Association on peut dire que 47 couples sont « moteurs » dans cette région, c’est-à-dire 47 villages en bénéficient ou vont en bénéficier.

    La visite du village de Gorgan  que nous connaissons depuis 1995 est très significative : les cultures se sont développées, des expériences sont menées avec d’autres organisations pour développer la culture du riz pluvial, quelques maisons en pierre se sont ajoutées aux cases en pisé traditionnelles qui sont détruites trop facilement à la saison des pluies, une classe supplémentaire a été construite à l’école qui en comportait  déjà  3 , de plus en plus d’enfants sont scolarisés (mais il manque encore deux classes !) et on voit beaucoup moins d’enfants avec des ventres difformes ou des handicaps.

    Ecole de Gorgan

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    En ce qui concerne la formation agricole au centre nous avons pu constater une évolution significative qui progressivement se répercutera dans les villages.

    Les notions d’apiculture permettront aux élèves de produire du miel dans des conditions plus respectueuses de la nature que ce que font aujourd’hui les apiculteurs locaux. Dans les villages aujourd’hui, les ruches sont  faites de récipients pendus aux arbres. Pour récolter le miel, on met le feu en dessous, ce qui détruit la majorité des essaims et est d’un rendement très mauvais ! L’apprentissage de la préservation de la nature est fondamental pour ces populations aujourd’hui.

    La ruche AZ1

    la ruche AZ1 - pourunzebu.com

    La ruche « AZ1 » appelée ainsi  par les élèves du centre car la première financée par « Association Pour un Zébu »

    Chaque ruche a un potentiel de 20 litres de miel par an, (3 floraisons) ce qui au prix de vente local actuel représente un revenu de 62 euros. Le miel est considéré localement comme un médicament, il y a une liste d’attente de 6 mois au centre !

    Nous avons pu aussi voir un développement considérable du jardin potager et la mise en place de cultures d’oignons, culture qui est très importante ici car l’oignon est un légume très apprécié pour compléter l’alimentation de base (mil) mais aussi les élèves se sont aperçu que ceux qui mangeaient des oignons avaient une meilleure santé.

    Nouveau jardin où est testée la culture des oignons

    culture d'oignons - pourunzebu.com

    Le jardin du centre : aubergines, tomates, choux suivant la saison.
    Une question qui reste posée est le moment auquel nous devons fournir les zébus : aujourd’hui nous les achetons quand les élèves sont installés dans les villages, il serait peut-être préférable de les acheter au début de la dernière année de formation pour qu’il puisse les dresser au centre et pour que les formateurs puissent mieux vérifier leur aptitude à les entretenir. L’inconvénient de cette option reste que la durée de vie utile du zébu est diminuée d’une année au village et qu’il faut prévoir un « déménagement » des zébus à la fin de la formation.

    Il nous semble qu’un effort devrait être fait pour la partie formation aux différents élevages : porcs, moutons, lapins, volailles.

    Le jardin

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    Aubergine

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    Le moulin à karité

    L’Association  « Pour un Zébu » a prêté de l’argent pour le financement d’un moulin à karité : pourquoi ?

    La région sud-ouest du Burkina Faso est une région où prospère l’arbre à karité. Traditionnellement
    les femmes récoltent les noix et  les transforment en beurre pour cuisiner et font du savon  avec les résidus et accessoirement  alimentent des lampes à huile.
    La transformation des noix en beurre est une opération pénible, très physique et  bien sûr réservée aux femmes. Le beurre de karité étant devenu un produit très recherché en Europe (cosmétique, confiserie, para médical) des commerçants parcourent les villages et achètent les noix à vil prix. Les femmes qui n’ont pour la plupart d’entre elles jamais eu d’argent vendent les noix et le résultat est qu’apparaissent des carences alimentaires et des problèmes d’hygiène un peu partout.
    Pour combattre cette attitude nous supportons les projets qui consistent à aider les villageoises à s’organiser pour vendre le produit fini et donc bénéficier de la valeur ajoutée, tout en gardant les quantités de beurre nécessaires à leur besoins propres. Pour cela il faut transformer les tâches les plus rudes. Nous avons donc consenti un prêt pour compléter le financement d’une installation pilote au CGN, installation qui fonctionne aujourd’hui, et qui permettra de valider de nouvelles solutions pour les futures installations dans d’autres villages  ( économie de bois en particulier ).

    Noix de karité

    noix de karité - pourunzebu.com

    Broyage au pilon (1 journée)

    Broyage au pilon

    Barattage manuel

    barattage manuel - pourunzebu.com
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    Installation moulin à karité au centre CGN

    Installation moulin a karite

    Broyeuse

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    Malaxeurs

    Malaxeurs - pourunzebu.com
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    Baratte

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    Réchauds

    Rechauds

    Filtre

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    Le beurre (30kg de beurre pour 100 kg de noix )

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    Depuis que le moulin fonctionne au CGN, des femmes du village voisin  sont venues demander si elles pouvaient faire faire l’opération de broyage pour leur éviter la tâche la plus pénible.

    Ceci peut aussi inciter à des investissements peut-être plus légers pour déjà soulager le travail des femmes.

    Visite de la ferme-école de Loropéni

    La ferme école de Loropéni forme 18 élèves essentiellement aux techniques d’élevages, En particulier élevage de poules pondeuses et de porcs. Malheureusement nous n’avons pas pu rencontrer le directeur, mais la visite que nous avons faite a été très intéressante.

    Elevage de Poules

    Elevage de Poules - pourunzebu.com

    Porcherie

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    Réception et distribution du matériel aux élèves du CGN

    Nous avons pu distribuer les 27 équipements aux  élèves en partance vers les villages : brouette, arrosoir, charrue, triangle.
    Le matériel est de très bonne qualité ; les arrosoirs sont fabriqués localement à base de matériaux de réemploi.

    Des brouettes et arrosoirs

    brouettes et arrosoirs - pourunzebu.com

    Des charrues

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    Vue partielle des élèves lors de la remise du matériel. Tout le matériel est fabriqué au Burkina.

    Les femmes et leur diplôme

    Conclusion

    Nous avons vu un progrès sensible des conditions de vie dans les villages que nous avons traversés dans le sud-ouest du Burkina. Un peu moins d’enfants en guenilles ou nus, plus de terres cultivées.

    Nous y avons toujours trouvé la même humanité, autant d’enthousiasme chez les enfants dans les écoles visitées, autant d’enthousiasme chez les élèves sortant du centre et prêts à prendre leur avenir en main.

    Nous sommes revenus encore plus motivés pour continuer à faire prospérer l’Association pour un Zébu et aider le plus possible de Burkinabè à trouver chez eux les ressources nécessaires à leur vie familiale.

    Cases dans la brousse à 8 km d’une voie carrossable, vers Loropéni.

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