• Compte rendu du voyage au Burkina du 9 au 20 décembre 2016

    Objectifs du voyage : Visite du Centre Germain Nadal, rencontre avec les couples terminant leur   formation, revue des travaux effectués avec la participation de l’association « Pour un Zébu ».

    • Rencontre avec d’anciens élèves chez eux dans leurs villages respectifs : Ouessa,Gorgan,Pouleba
    •   Remise des équipements aux élèves terminant leur formation et perspectives d’avenir.

    Le centre Germain Nadal

    Depuis notre dernière visite en 2013 une nouvelle promotion d’élèves a été formée, 25 couples terminent leurs apprentissages. Pendant cette période nous avons financé l’installation d’une décortiqueuse à mil. Celle-ci a été installée dans un local près des équipements de mise en œuvre du karité facilitant ainsi l’accès à l’énergie électrique fournie soit par le réseau ,soit par un groupe électrogène. Cet ensemble est utilisé de façon intense par les femmes du centre et par les villageoises voisines à qui on demande une légère contribution.

    L’approvisionnement en eau fonctionne bien après les travaux que nous  avons financés en 2013.

    Les récoltes ont été bonnes cette année(maïs ;mil, sorgho), et pendant notre présence tous les efforts étaient concentrés sur les semis d’oignons dans un terrain qui maintenant est bien clos par un grillage qui est progressivement doublé par une végétation qui doit repousser les animaux.

    Un point très important, bien que non directement lié à l’activité de l’association est le développement d’un centre médical de qualité : maternité, dispensaire, pharmacie ( un couple de pharmaciens français vient de passer 6 mois à l’installation, la mise en place de stocks et l’apprentissage informatisé de la gestion de ceux-ci par deux femmes, ce qui rend la pharmacie opérationnelle dès maintenant. Un médecin est attendu dans les prochains mois.

    Les enfants du centre nous ont paru en bien meilleure santé qu’il y a trois ans où nous avions relevé des carences dans ce domaine.

    Nous avons aussi remis un lot très important de lunettes révisées et qualifiées à l’opticien du centre ophtalmologique de Diebougou.

    Visite aux anciens élèves : Nous avons consacré trois jours à ces visites qui pour nous revêtaient une grande  importance pour à la fois se rendre compte de la vie des couples devenus autonomes et du bien fondé de notre aide pour leur développement.

     

    Crépin et Jocelyne sont installés depuis 2013 à Ouessa, très près de la frontière du Ghana. Grâce à l’équipement que nous leur avons fourni ,ce couple a pu largement développer la surface de terre cultivée, ce qui lui permet de nourrir sans soucis à la fois sa famille (4 enfants) mais aussi comme il se doit dans la tradition de la société daghara  fournir à tous les siens les compléments de nourriture dont ils ont besoin. Ce n’est qu’après avoir mis en réserve ces récoltes (maïs, mil, haricots, oignons, légumes) qu’il parle de « revenus »de la vente du supplément.

    Toujours est-il que ses réserves vont lui permettre de tenir jusqu’aux prochaines récoltes en juin. Les enfants vont à l’école, la famille mène une vie  de qualité compte tenu de l’environnement et n’aspire pas à d’autres horizons.

    Jean Noël vit à Gorgan. Il est sorti du CGN en 2007. Son cursus est assez différent, car ayant eu une formation de tailleur ,l’activité agricole ne lui sert qu’à nourrir sa famille..Il a donc opté dès le départ pour deux zébus, mâle et femelle, dans le but de faire de l’élevage. Cette option a été salutaire, car sa femme ayant eu des problèmes de santé, il a pu à deux reprises, grâce à la vente de deux de ses zébus, payer les frais de médecine et de chirurgie au Ghana voisin. Pour sécuriser l’avenir, il a vendu d’autres animaux pour faire construire une maison en dur où loge son fils étudiant en attendant que ses parents s’y retirent. Ce couple est un bel exemple de bonne gestion des opportunités que nous avons pu lui donner, et comme il n’a que le minimum de terre nécessaire à ses besoins, il prête régulièrement son matériel à ses voisins leur montrant ainsi les possibilités de développement.

    Le troupeau de Jean Noêl

    Simplice est sorti du CGN en 2010. Il est installé à Pouleba, à 50 km au  nord ouest du CGN ,dans une zone de culture un peu plus intense.

    Il nous fait visiter son grenier, haricots, mil, etc.. , et nous rentrons dans son logement qui déborde de coton. En effet nous sommes dans une zone où la culture du coton est importante, pilotée par la société cotonnière toute puissante. Ici les zébus sont utilisés pour tirer les charrues, charrues qui portent des traces d’usure importantes mais qui sont toujours fonctionnelles.

    Alors que nous buvons le dolo et écoutons attentivement Simplice nous décrire son travail, nous sommes rejoints par Sébastien autre élève du CGN qui lui aussi va nous décrire son activité très semblable à celle de Simplice mais sans coton.

    C’est ainsi que nous rentrons dans le débat sur l’industrie du coton,le monopole des engrais, l’utilité ou la nocivité de ceux-ci, E.Orsenna peut éclairer mieux que moi les lecteurs intéressés.

    La ferme de Simplice

    En tout cas nos anciens élèves ont su rapidement mettre à profit les équipements que nous leur avons fournis et c’est avant tout notre satisfaction. Les enfants se portent bien, ils vont à l’école sans faire trop de distance, le développement des villages est bien réel

    Remise des équipements aux élèves :Le dimanche avant notre départ, une belle fête de fin d’apprentissage, pleine de gaieté, où les familles des élèves viennent les retrouver après près de trois ans de séparation. C’est pour nous l’occasion de rencontrer d’autres anciens élèves qui viennent spontanément nous saluer et nous dire, souvent avec fierté, que leur installation s’est bien passée et que grâce à l’aide reçue de l’Association Pour un Zébu ils peuvent bien vivre dans leurs villages.

    Quant aux 25 couples en partance, nous leur remettons lundi matin la brouette, la charrue, le  butoir et l’arrosoir …reçus la veille !

    Quand ils seront installés ils recevront sous la responsabilité du directeur du centre la somme nécessaire au paiement des deux zébus qu’ils achèteront localement.

    Remise du matériel

    Conclusion :

    Notre visite du CGN nous a permis de voir bien des progrès, en particulier dans tout ce qui concerne l’aide mécanisée aux plus rudes travaux des femmes (broyage, pilage etc…).La queue journalière des villageoises voisines pour profiter de ces équipements est à la fois un signe positif  et une incitation à développer ces installations.

    Les clôtures des parcelles cultivées commencent à être comprises comme une nécessité, mais tout n’est pas accompli de ce côté la.

    Nous avons aussi pu assister à la première foire agro alimentaire de la région. Y étaient représentées toutes les associations locales aidant à développer la transformation des ressources agricoles locales. Cette manifestation était synchronisée avec l’inauguration officielle d’un centre de formation agricole pour  jeunes non scolarisés ou déscolarisés. 5 élèves, dont une fille,  terminaient une première année de formation de test..Nous suivons avec intérêt le développement de ce nouveau centre qui méritera peut être une aide plus légère si nous en avons les moyens.

    Il faut dire, et vous l’aurez compris, que nous avons été impressionnés par la visite aux anciens élèves qui nous a bien entendu confortés dans notre volonté de persévérer et de mettre toute l’énergie nécessaire à la poursuite du développement de l’association Pour un Zébu qui fêtera ses 10 ans avec la prochaine Assemblée Générale.